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Pourquoi tombe-t-on malade selon la MTC ?

27 oct.
5 min de lecture
Femme emmitouflée dans une couverture, enrhumée face au vent et aux changements de saison, illustrant la sensibilité du terrain en médecine traditionnelle chinoise.

« Pourquoi suis-je toujours le premier à attraper ce qui passe ? »

Cette question, je l’entends régulièrement au cabinet, surtout à l’entrée de l’automne et de l’hiver. Souvent avec une pointe de lassitude, parfois même de culpabilité, comme si être fragile était un défaut personnel.

Elle porte pourtant une observation très ancienne : face au même virus, à la même vague de froid ou à la même période de stress, certaines personnes tombent malades et d’autres non.

La Médecine Traditionnelle Chinoise s’est beaucoup intéressée à cette différence. Elle ne se demande pas seulement ce qui nous atteint, mais pourquoi cela nous atteint, et pourquoi à ce moment-là. Et cela ne relève pas du hasard.

Voyons ensemble comment elle explique l’apparition du déséquilibre à travers le terrain, l'énergie défensive, les facteurs climatiques, les émotions, l'alimentation et le surmenage.


LE TERRAIN AVANT TOUT

En MTC, la santé correspond à un équilibre entre le Yin et le Yang, et à une libre circulation du Qi dans le corps.

La maladie apparaît lorsque cet équilibre est rompu : soit parce que nos ressources s’affaiblissent, soit parce qu’un facteur extérieur ou intérieur vient les perturber.

Les textes classiques résument cette idée en opposant le Zheng Qi, notre énergie droite ou « correcte », au Xie Qi, le facteur pathogène. Lorsque le premier est solide, le second a peu de prise. Lorsque le premier est affaibli, le second s’installe plus facilement.

Autrement dit, la maladie résulte rarement d’une seule cause. Elle naît de la rencontre entre un facteur et un terrain. C’est pourquoi la MTC porte une grande attention à votre propre terrain.


LE QI DÉFENSIF (WEI QI) : NOTRE PREMIÈRE LIGNE DE DÉFENSE AVANT DE TOMBER MALADE

Femme les yeux fermés respirant profondément face au soleil dans un paysage provençal, évoquant le Qi défensif et l’équilibre du corps selon la médecine traditionnelle chinoise.

Parmi les différentes formes de Qi (voir article précédent sur le Qi), le Wei Qi joue un rôle central dans la protection de l’organisme. Il circule en superficie, sous la peau et dans les muscles, comme notre premiere barrière entre intérieur et extérieur.

Il assure plusieurs fonctions :

  • défendre le corps contre les agressions extérieures ;

  • réchauffer la peau et les muscles ;

  • réguler l’ouverture des pores et la transpiration.

Il est produit à partir de l’énergie issue de l’alimentation, grâce à la Rate et à l’Estomac, puis diffusé vers la surface par les Poumons.

Ce lien explique pourquoi les Poumons sont si sensibles aux changements de saison, comme je l’évoquais dans mon article sur l’automne.

Lorsque le Wei Qi est affaibli, on observe souvent :

  • une sensibilité aux courants d’air et aux variations de température ;

  • des rhumes ou des angines à répétition ;

  • une transpiration facile, ou au contraire une peau très sèche ;

  • une fatigue qui s’installe au changement de saison.

Beaucoup de ce qui suit revient en réalité à une question : qu’est-ce qui entretient ce Wei Qi, et qu’est-ce qui l’épuise ?


LES FACTEURS CLIMATIQUES : QUAND LA SAISON NOUS DÉPASSE

Feuilles orangées emportées par le vent au-dessus d’une vallée provençale en automne, illustrant les facteurs climatiques et leur influence sur le terrain en MTC.

La MTC décrit six facteurs climatiques, que l’on appelle les Six Excès (Liu Yin), chacun relié à une saison :

  • le Vent au printemps,

  • le Froid à l'hiver,

  • la Chaleur à l'été,

  • l’Humidité à la fin de l'été et intersaison,

  • la Sécheresse à l'automne,

  • le Feu (chaleur extrême) à la canicule.

Ils ne sont pas des « ennemis » en soi : ce sont des conditions naturelles. Ils deviennent problématiques lorsqu’ils surviennent de façon excessive, hors de leur saison, ou lorsque notre capacité d’adaptation est trop faible.

Le Vent est considéré comme le « chef de file » : il ouvre la porte aux autres facteurs, d’où l’importance de protéger la nuque et le haut du dos, par où il pénètre volontiers. Ici, en Provence, le mistral en est une bonne illustration.

Le facteur climatique n’est toutefois jamais seul en cause : c’est la qualité de notre défense qui détermine s’il s’installe ou non.


LES ÉMOTIONS : LES CAUSES INTERNES

La MTC reconnaît sept émotions (Qi Qing) : la joie, la colère, la tristesse, les soucis et ruminations, le chagrin, la peur et la frayeur. Toutes sont naturelles et font partie de la vie. Elles ne deviennent causes de déséquilibre que lorsqu’elles sont excessives, prolongées ou refoulées.

Chacune influence la circulation du Qi de façon particulière :

  • la colère le fait monter ;

  • la joie excessive le disperse ;

  • la tristesse et le chagrin le consument ;

  • les soucis et ruminations le nouent ;

  • la peur le fait descendre ;

  • la frayeur le désorganise.

Elles touchent également chacune un organe : la colère le Foie, la joie excessive le Coeur, les soucis la Rate, la tristesse les Poumons, la peur les Reins.

On comprend alors pourquoi une période de stress prolongé ou de deuil peut affecter la digestion, le sommeil ou l’immunité.

La MTC n’oppose pas le corps et l’esprit. Ce qui se passe dans l’un se manifeste dans l’autre.


L’ALIMENTATION : CE QUI NOUS CONSTRUIT

Repas chaud de saison composé de légumes, champignons, céréales et gingembre, illustrant l’importance de l’alimentation en médecine traditionnelle chinoise.

Pour la MTC, l’alimentation est la source principale du Qi acquis. Elle est transformée par la Rate et l’Estomac, qui constituent le « centre » de l’organisme. Lorsque ce centre fonctionne bien, tout le reste s’en trouve nourri, y compris le Wei Qi.

Plusieurs habitudes peuvent l’affaiblir :

  • les excès de froid et de cru : boissons glacées, crudités en grande quantité, qui sollicitent la Rate ;

  • les excès de sucre, de gras et d’aliments très transformés, qui favorisent ce que la MTC appelle l’Humidité et les Glaires (lourdeur, digestion lente, nez ou gorge encombrés) ;

  • l’irrégularité des repas : sauter des repas, manger vite, devant un écran, grignoter;

  • les excès d’aliments très épicés ou d’alcool, qui peuvent générer de la chaleur interne

  • les repas trop abondants, surtout le soir.

À l’inverse, des repas réguliers, tièdes ou chauds, variés et pris dans le calme soutiennent le centre.

J'aborde l'alimentation dans chacune de mes séances car elle représente l’un des leviers les plus quotidiens entretenant notre fameux Terrain.


LE SURMENAGE : LORSQUE LES RÉSERVES S’ÉPUISENT

Le surmenage est une cause fréquente à la maladie, surtout dans notre époque. La MTC en distingue plusieurs formes :

  • le surmenage physique, qui épuise le Qi ;

  • le surmenage mental, qui fatigue la Rate et le Yin (travail intellectuel intense, écrans, sollicitations constantes) ;

  • le manque de sommeil et de repos, qui entame les réserves des Reins et le Jing ;

  • l’excès d’activité en général, y compris les pratiques sportives trop intenses sans récupération.

Le principe est simple : lorsqu’on dépense plus d’énergie qu’on n’en reconstitue, les réserves s’amenuisent, et les défenses avec elles. Ce n’est pas un événement soudain, mais un épuisement progressif.

On « tombe malade » alors parfois à un moment où l’on pense pouvoir enfin se relâcher : les vacances, le week-end, la fin d’une période chargée... Tant que la pression est là, le corps tient. Quand elle retombe, le système nerveux se relâche, et c’est souvent à ce moment-là que la fatigue accumulée et les faiblesses se manifestent...


UNE LECTURE GLOBALE

Ces différents facteurs ne s’additionnent pas simplement, ils s’entremêlent : une période de soucis fatigue la Rate, qui produit moins de Wei Qi ; une alimentation inadaptée ajoute de l’Humidité ; un coup de vent froid fait le reste.

Aucun n’est l’explication unique : c’est l’ensemble qui dessine le terrain.

Cette lecture est un complément à la médecine conventionnelle, jamais un substitut. Face à des symptômes inhabituels, persistants ou inquiétants, une consultation médicale reste indispensable.


Tomber malade n’est pas une fatalité ni le fruit du hasard : c’est souvent le signe d’un terrain fragilisé, qui nous invite à nous écouter. La MTC propose de regarder plus loin que le symptôme, pour renforcer ce qui nous protège.


Si vous avez le sentiment d’être plus vulnérable à chaque changement de saison ou subir simplement des manifestations internes, je serai heureux de vous recevoir au cabinet pour faire le point et commencer le chemin du mieux-être.


Au plaisir,

Raphaël


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